tag:blogger.com,1999:blog-5300782594448903596.post-23812283660525400712008-02-17T22:42:00.009-05:002008-02-17T23:42:58.587-05:00L'admirationEt si on parlait douleur?<br /><br />Vous savez, cette petite douleur intense ressentie au moment de constater que votre doigt laisse saigner ce mince filet rouge? Souvent, c'est 10, 25, 45 minutes plus tard. De toute évidence, quelque chose s'est passé pendant que vous refaisiez le monde au téléphone. Des gens très, très importants à l'autre bout du fil. Finance, politique... Et puis blablabla, oui oui oui, ceci cela... Tiens, excusez-moi, je me suis coupé sur un bout de papier... Ayoye... Non mais, quel métier dangereux je fais, hein! Ayoye, je saigne!! Non mais comprenez un peu, là!! Collègues!!! Quelqu'un, amenez-moi un PLASTER!!!!! (pour les Français, le Québécois que je suis vous offre cette traduction sans frais: un sparadrap)<br /><br />Cette douleur, c'est rien. Du moins, rien lorsqu'on la compare avec ce que vit ma blonde depuis quelques jours.<br /><br />Je vous fais un topo rapide. On a des embryons congelés depuis l'automne. Mardi matin, on en fait transférer deux. Le traitement préalable exige que la fille prenne des doses d'estrogène et de progestérone.<br /><br />Estrogène=pilules. Progestérone=injections intramusculaires dans le fessier. Donc seringues plutôt longues.<br /><br />Le problème, c'est que la maudite progestérone est dans une huile de sésame que ledit fessier (celui de ma blonde, très beau si je peux me permettre, mais sensible ces jours-ci. Bon, elle risque de ne pas aimer que je dise ça.) absorbe plutôt mal. En fait, l'huile semble se garer dans la fesse et fait la fête pendant quelques heures, sur place, sans bouger. En conséquence, la fesse gèle au complet, ça fait mal et ma blonde capote (le verbe capoter, au Québec, est extrêmement versatile et signifie notamment "perdre la tête").<br /><br />Résultat final: elle ne dort pas. Or, comme bien des gens, ma blonde travaille. Elle a un boulot très chargé, qu'elle aime bien, mais pour fonctionner minimalement, comme vous et moi, n'est-ce pas, elle doit dormir.<br /><br />Pour minimiser les effets, on a tout un rituel. Avant, on prépare le muscle avec une sorte de sac de fèves qu'on chauffe au micro-ondes. Après la piqûre, je masse pendant 10 minutes. Pendant ce temps, on jase de choses et d'autres. "Puis, au téléphone tantôt, c'était ton papa? Il va comment?" Après avoir cherché des solutions sur internet, à l'automne, on a lu que ça aidait beaucoup. Et puis oui, ça aide.<br /><br />Mais bon. On vient de REcommencer les piqûres. Depuis quelques jours, ma blonde boite. C'est comme si ses fesses avaient oublié. Donc, extrait vécu hier ou avant-hier (les jours se suivent et dans ces situations-là, tout devient flou pour moi). Il est 6h du matin. Je me réveille pour une raison quelconque.<br /><br />-Hmph, iiiich.<br />-[...]<br />-Hmph.<br />-Ça va tu?<br />-Je n'ai pas encore dormi.<br />-Hein??? Y'est 6h!<br />-Je l'sais. Mais ça fait trop mal.<br /><br />Pas besoin d'un dessin. C'est son cul. Ça lui faisait si mal qu'elle ne dormait même pas. Les gars, je sais pas si vous êtes comme moi, mais quand elle a dit ça, mon coeur s'est déchiré. Elle ne dormait PAS! DU TOUT! Soudain, j'avais MAL, moi aussi. Comme à l'automne.<br /><br />Comment être insensible à ça? Suis-je le seul gars à se sentir mal lorsque c'est la fille qui se tape tous, mais vraiment TOUS les traitements? Pourtant, c'est moi qui suis infertile, non?<br /><br />Chères lectrices, vos hommes ne le disent peut-être pas, mais je parierais qu'ils apprécient tout ce que vous faites... Et subissez.<br /><br />Il est tard. Je reviendrai un autre jour, sans faire pleurer les lecteurs, sur la notion de culpabilité.<br /><br />Sur ce, souhaitez-nous bonne chance pour mardi matin!Histoiredungarshttp://www.blogger.com/profile/10421512238898105209noreply@blogger.com